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Rencontre Thématique du 27 avril 2007 à l'Institut de Locarn : la Relocalisation du Monde - Le Scénario Glocal (Glocarn ?) - Paul Soriano Rencontre Thématique du 27 avril 2007 à l'Institut de Locarn : la Relocalisation du Monde - Le Scénario Glocal (Glocarn ?) - Paul Soriano

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Submitted by FAYAT Jean-Raymond. on 22-05-2007 11:57.
"Signaux faibles et issues fatales dans les systèmes productifs de l'Union Européenne" par Paul Soriano, Président de l'Institut de Recherches et Prospective Postales

Bonjour à tous,

Nous poursuivons les discussions entamées avec notre intervenant Paul Soriano sur le blog de Locarn le 27 avril dernier concernant la relocalisation du monde et les différents scénarios de prospective à horizon 2030.

Ci-joint un premier Compte-rendu succinct pour vous permettre de réagir :

Rencontre de l’Observatoire Jules Verne de Prospective du 27 avril 2007 : La relocalisation du monde : le scénario glocal (Glocarn ?).

Je retiens 3 points principaux de la conférence de Paul Soriano :

I. Le travail d’un prospectiviste consiste, partant de tendances lourdes évidentes, à repérer des facteurs d’incertitude, à formuler des hypothèses, puis à définir un nombre restreint de scénarios regroupant un maximum d’hypothèses cohérentes. Selon leur destinataire (entreprises, pouvoirs publics…), les scénarios doivent inspirer des stratégies et des politiques.

Dans la construction des scénarios, il faut être vigilant aux « signaux faibles », événements annonciateurs de renversements possibles de « tendances lourdes » (d’autant qu’une tendance lourde poussée à ses dernières extrémités devient généralement une « issue fatale » !).

Paul Soriano nous a exposé 5 scénarios réalisés en 2002 dans le cadre d’un groupe de prospective de la Datar, puis actualisés en 2006.

II. Avant de les décrire sommairement, voici la liste des facteurs critiques (où s’articulent tendances lourdes et facteurs d’incertitudes) retenus pour leur construction.

1) Globalisation extensive : relocalisation des capacités de production sur les territoires, à l’échelle du monde.

2) Globalisation intensive : expansion de la sphère marchande et financiarisation.

3) Déploiement des réseaux et NBIC (technologies nano-, bio-, de l’information et de la communication). Les réseaux donnent naissance à la notion de « territoire augmenté ».

4) Transformations du lien social. Les trois formes canoniques du lien social, communautaire (la famille, la « tribu »), marchand (transactions et échanges monétaires), politique (les concitoyens) auxquels s’ajoutent les liens d’affinités (d’intérêt, de goûts, d’opinions) que le réseau permet d’étendre globalement (d’où le « glocal » : solidarités locales et communautés d’affinités étendues).

5) Représentations (cultures, sciences, religions, idéologie…) de plus en plus médiatisées par les… « médias ». Mais le réseau dépouille les médias de leur monopole d’accès à l’espace public.

6) Résistances à la globalisation, d’ordre social, politique, identitaire ou idéologique (altermondialisme, souverainisme, populismes, etc.) et leur impact géopolitique.

7) Régulations, au sens large : l’ensemble des règles du jeu économique et social (différents échelons territoriaux, différents modes de régulation, différents acteurs).

Deux autres facteurs critiques essentiels (démographie et questions environnementales) sont appréciés au niveau des territoires, à différents échelons. Cela de manière négative (par exemple une délocalisation industrielle) ou positive (par exemple, la volonté d’une population de construire elle-même sa propre représentation : d’où elle vient, ce qu’elle est et ce qu’elle entend devenir).


III. Les cinq scénarios.

S1 : Global, marchand régulé « les contraintes sont des opportunités ». C’est le scénario tendanciel (celui qui s’inscrit dans le prolongement des tendances lourdes actuelles). C’est le déploiement efficient de l’économie globale, la libre circulation des biens et des personnes. La financiarisation de l’économie accélère encore la circulation des biens. Mais ce scénario est miné par la nécessité de sécuriser les échanges (ce contredit le principe de libre circulation) – et par les résistances qui s’actualisent dans les autres scénarios.

S2 : Glocal coopétitif : « la société des agrégés ». Ce scénario introduit dans le précédent les résistances mais aussi les contributions identitaires des communautés. La notion d’ « archipels » est centrale : il s’agit de formations territoriales à géométrie variable, ayant des fondements diversifiés, historiques, ethniques ou culturels, voire religieux. Internet et les relations qu’il permet d’établir introduisent, singulièrement ici, la notion de « territoire augmenté ».

S3 : Europe des subsidiarités : « Les liaisons vertueuses » ou la « symphonie inachevée ». Une Europe des Régions affirme progressivement son identité. Elle emprunte au Scénario 2 (Glocal) la notion d’archipel (l’archipel européen se construit progressivement à partir d’archipels régionaux) et celle de « territoire augmenté ». Une Europe qui s’intègre autour d’intérêts et de valeurs et de très anciennes références culturelles et historiques.

S4 : Europe puissance : « L’Union fait la force, la force fait l’Union ». Une Europe impériale dans un monde de puissances continentales. C’est le scénario huntingtonien du Choc des civilisations, à cette importante différence près que l’Europe acquiert une autonomie géopolitique par rapport aux Etats-Unis.

S5 : L’Etat-nation revisité : « Société des Nations v2.0 » ou « La restauration républicaine ». Retour du lien politique (national) qui transcende le lien marchand et le lien communautaire. Mais l’Etat-nation est « revisité » : le réseau comme instrument de consolidation nationale (par ex., l’administration électronique ranime le vieux rêve jacobin d’une administration directe, sans corps intermédiaires).

 

Vous souhaitez réagir ? A vos claviers !

Modérateur :  Jean-Raymond Fayat, Analyste en Intelligence Economique, Institut de Locarn, jr.fayat@institut-locarn.com 02.96.57.42.43


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