Introduction
1 Faire le constat
Le premier des défis
est celui qui porte sur la nécessité de partager le
constat du présent, de le faire partager par le plus grand
nombre, de l'assumer et d'en retirer une analyse prospective.
La France est un pays qui refuse la globalisation, la modernité, le risque. Il faudra 15 ans au moins pour que cela change.
Les élites françaises ne comprennent pas le monde qui nous arrive, ou alors elle le cache et contribuent à instiller de la défiance.
Les élus s'intéressent à leurs échéances et a leur proximité : la mairie, l'école, l'hôpital, ils vivent dans l'ambiguïté entre représentation de leurs mandants et soumission aux pouvoirs.L'organisation du pays est archaïque, pyramidale, coercitive, fossilisée et les français n'ont pas l'organisation qu'ils méritent.
La France a une incapacité à articuler une Vision et à se donner une stratégie, elle tente de résoudre ses problèmes domestiques.
La question est : Face à
cette situation la Bretagne est elle prête à mettre en
oeuvre pour elle même ce que la France ne fait pas.
C'est à dire :
se donner une vision,
définir la stratégie qui en découle, jeter aux orties ce qui est inutile ou nuisible et accepter de se mesurer
mobiliser l'intelligence et l'énergie où qu'elle soit de par le monde, privilégier la prise de risque.
préserver le capital confiance qui nous caractérise encore en Bretagne, faire grandir confiance et responsabilité.
accepter l'innovation que ce soit dans les sciences, les techniques, les projets ou les organisations.
Bouger et se bouger !
2 Ecrire les trajectoires
Le
second défi
porte sur l'obligation qui devrait être faite aux dirigeants de
conduire
l'analyse prospective,
d'éclairer le chemin où conduit le prolongement des
pratiques qui sont les leurs.
Pour
ma part je vois dans le court terme :
le déclin des usines ou activités "tournevis" implantées en Bretagne, fondées sur une main-d'oeuvre besogneuse et docile. .le déclin rapide de l'agro-alimentaire asphyxié par les corporatismes et l'étatisme.
le retard dans l'exploitation du tourisme de toutes les formes de tourisme.
la difficulté à mobiliser horizontalement ou en mode projets l'intelligence collaborative.
l'impréparation aux "largages" inévitables de ce qui est inutile, nuisible.
la non préparation à la cession des actifs dont nous ne sommes plus les "meilleurs propriétaires"
la perversité de la mystification entretenue par les "champions nationaux"
la rigidification de la citoyenneté, les comportements déviants, la trajectoire vers Vichy ou l'Amérique du Sud.
La
question est : pouvons nous encore laisser aux manettes des gens qui
après tant d'échecs, ne peuvent vous décrire où
ils nous conduisent.
Bien
évidemment je ne dis pas c'est eux ou nous, je dis que ce
n'est plus possible ainsi, notre silence est devenu complice. Parlons
en.
3 préserver la braise
Le
troisième défi
porte sur la préservation de l'esprit
entrepreneurial
en Bretagne :
Il y a pénurie de repreneurs
il y a, ou il va y avoir pénurie monétaire nous allons entrer dans le contrôle des crédits.
Nous n'avons pas de small business-act et préférons la collectivisation des activités.
En agro nous allons vivre une hécatombe puisque le développement du hard discount va réduire la demande de 20 000 articles.
La
question est : par
qui allons nous remplacer la génération des gosses de
pauvres qui ont construit l'industrie bretonne ; par qui allons nous
les remplacer, compte tenu des faillites, de l'état du marché,
de la fiscalité et du peu de goût pour le risque.
Lorsque vous neutralisez
pour deux générations un savoir qui ne s'apprend pas à
l'école, comme par exemple les convictions l'acceptation
du risque, ces choses qui se transmettent essentiellement de père
en fils, deux générations après, c'en est fini
des talents qui font la différence.
4 préparer le rebond
Le
quatrième défi
porte sur la capacité des Bretons à utiliser
l'effet de rebond.
l'effet de rebond qui peut résulter de la liberté donnée au travail, pour le jour d'après.
l'effet de rebond pour le jour ou la frénésie dépensière confiée à des gens qui n'ont jamais gagné un sous se sera arrêtée,
l'effet de rebond pour le jour où à nouveau de l'argent sera disponible, il sera disponible mais bien peu en voudront..
l'effet de rebond pour le jour où les prélèvements obligatoires ne seront plus castrateur.
l'effet de rebond pour le temps où reviendra la croissance du "libre à dépenser" ; à ce moment où nous devrons faire une économie d'offre.
l'effet de rebond pour le jour où le parler vrai retrouvera sa pertinence.
La
question est : Que
pouvons nous faire, que devons nous faire pour préserver la
braise de l'appétit du futur, à l'image de ce qu'ont su
faire des bardes Bretons pour notre culture.
La
descente au fond est désormais écrite dans les faits,
nous allons importer sur la France une part importante de la
récession Européenne. Mailler entre eux ceux qui seront
préparés pour le jour d'après, qu'ils
soient restés ici ou partis à Londres est capital, ce
sont eux qui oseront. Il est grand temps de travailler à tout
celà
5 accepter la modernité
Le
cinquième défi est
celui de la
modernité,
qu'elle soit technique, financières, organisationnelle ou
sociétale.
le très haut débit, et peut être le très haut débit plutôt que le TGV qui mettra toujours des heures quand les web sera en milli-secondes
le très haut débit à Locarn aussi... et l'organisation de veillées branchées sur le monde pour les producteurs de porcs un soir, les proches de patients atteint de l'Alzheimer un autre soir, pour apprendre l'anglais et bien autres choses avec les meilleurs enseignants, les meilleurs toubibs, d'où qu'ils soient.
le travail collaboratif entre ceux qui ont les problèmes et ceux qui ont les solutions, regarder derrière le talus où aussi aux antipodes...
le travail supplémentaire que l'on fera ailleurs que dans son poste, faute d'y valoriser tous vos talents ou votre énergie.
la mise en réseaux voir en maquis économiques pour déplacer le seuil de déclenchement des délocalisations ou des expatriations.
l'utilisation des Jam's et autre dispositifs pour s'extraire du bon à penser officiel.
La
question est : Avons
nous préférence pour la mise en oeuvre de dispositions
qui feront venir plus vite le temps des réformes, et alors
utilisons tous les espaces de liberté offerts par les
nouvelles technologies, ou tout au contraire avons nous
préférence pour le prolongement de la déshérence,
les fuites en tous genres avec le risque qu'elles soient sans retour.
Qui
s'inscrit pour ce challenge...si vous repartez sans objectif, sans
ambition...alors nous aurons perdu notre temps.
6 s'affranchir des rigidités
Le sixième défi est celui de la rupture avec les rigidités, permettre la mise en oeuvre des dispositifs préparatoires au futur :
résister à la tentation de domestiquer les initiatives originales nombreuses en Bretagne et qui pour beaucoup sont porteuses d'espoirs.détecter ceux qui sont frustrés par leur hiérarchie, désabusés par l'absurdité de leurs tâches et voir comment les insérer dans un fonctionnement en mode projet
organiser un management adapté au futur de ceux dont les postes vont disparaître.protéger les canards sauvages, ceux qui voient le monde différemment et interpellent nos habitudes,
permettre, autoriser le droit à l'expérimentation, il ne convient plus de freiner les rapides.
et bien sûr Former, Informer, Soigner, Mesurer...en considérant que le futur arrivera et qu'il vaut mieux s'y adapter qu'y résister.
La question est : Avons nous préférence pour des évolutions ou des révolutions. Et si la Bretagne préférait des évolutions, comment peut elle les mettre en oeuvre, identifier les progres à accomplir, identifier ceux qui s'y opposent et qui portent déjà ou porteront le poids de la misère puis de la révolution...
7 missionner nos représentations
Le
septième défi est
celui de la représentation :
La reconnaissance par les élus de l'exigence qui leur incombe, que convictions, engagement, valent mieux que cumuls.
la nécessité pour eux d'une compréhension à minima de la situation, de l'intégration de la connaissance, des évolutions du monde.
Arrêter immédiatement les co-financements qui génèrent autant de co-irresponsabilités. Faire émerger des responsables qui assument.
Considérer que rien n'est éternel, que les institutions qui ne sont pas confrontées au risque de mourir doivent être exemplaires
la conviction que ceux qui savent ce sont ceux qui font, que les solutions pour Paris ne sont pas forcément les meilleures pour la Bretagne.
La
question est : Puisque
chacun reconnaît que l'abondance des cumuls est nuisible,
que la multiplicité des stratifications est dispendieuse, les
élus de Bretagne ne pourraient-ils pas organiser leur
restructuration ; à moins qu'ils aient préférence
pour qu'elle leur soit imposée. Les entreprises le font bien.
Nos structures dites représentatives se considèrent-elles
hors contraintes ou alors, craignent-t-ils que Paris s'y opposent.
Qui
s'inscrit ?
8 affirmer nos convictions
Le Huitième défi est celui de la confiance en nous mêmes.
Nous avons une région unique, des Valeurs, une histoire, des solidarités, une ouverture sur le monde,Nous avons, en Bretagne plus que d'autres le devoir de faire bouger la France, en d'autres temps nous avons su le faire.
Nous avons des challenges de voisinage, et de même que les Allemands nous mangent, nous pouvons manger dans notre proximité.
Nous sommes capables de travailler ensemble, quelque soit l'univers de notre quotidien, et Locarn le prouve encore aujourd'hui.
Nous devons arrêter les évasions et pour cela redonner de l'espoir. Ne plus voir partir les meilleurs mais attirer les meilleurs.
La question est : Acceptons nous d'être fiers et conquérants.
Et si nous répondons positivement, il nous faut préparer le plus grand nombre pour le jour d'après
Inutilité de création de nouveaux partis politiques
Je partage votre avis sur l'inutilité de la création de nouveaux partis politiques, je le fais d'autant plus aisément que je n'approche aucun parti politique. Je suis également d'accord sur le fait qu'il convient de faire "monter" la conscience de qui nous sommes, de notre droit à la différence par rapport aux valeurs et comportements où nous emmène la France (cf livre de CAHUC sur la société de défiance). La France tombe; nous n'avons pas envie que nos campagnes ressemblent à ce qui se passe dans les grandes agglomérations. Immanquablement, nous allons vers une société plus rigide, des caméras partout... et donc le droit de tricher quand on est hors caméra... La conscience profonde de toute une population de qui elle est, de ce à quoi elle tient sera infiniment plus durable et plus solide que le système de l'adhésion à des partis politiques. Mon propos n'est pas un déni de démocratie, il consiste simplement à faire le constat que la démocratie telle qu'elle fonctionne actuellement ne nous préserve pas de dérives qui me sont insupportables. Dans ce cas, il convient de chercher d'autres voies, non pas contre la démocratie..mais pour préserver les valeurs de courage, de probité et autres qui différencient encore la Bretagne de bien d'autres régions de France.
Reflexions
C'est bien beau tout ca mais ca rejète à peu pres tout sur les autres. Le principal problème pour moi vient des entrepreuneurs eux memes. Je me souviens d'avoir une discussion avec un chef d'entreprise (ok c etait pas un breton). Il me disait que l'etat devait l'aider à exporter, que sans aide, il ne se voyait pas exporter. J'avoue que ca m a un peu surpris. Et la on va me repondre, oui mais avec tous les réglements; les taxes, les fonctionnaires bla bla bla. Quand on veut on peut. Il faut surtout savoir s'adapter et aller sur des marches porteurs. Sinon j'appelle ca du fonctionnariat. Le mauvais pas celui qui anime la plupart des fonctionnaires Morgan Clément
Réflexions
Les chefs d'entreprises n'étaient pas à l'aube de leur vie professionnelle des gens différents des autres; simplement par choix, par convictions, par goût de l'effort ou du risque, par les hasards de la vie au lieu d'être employés, ils sont devenus employeurs. Ce choix les a amené souvent à travailler plus que de raison, mais ils avaient la passion de ce qu'ils faisaient et parfois même la grandeur d'être utile aux autres. Et puis, la mondialisation est arrivée, dès lors les pays se sont retrouvés en compétition, les charges de la sphère publique se retrouve dans le prix de revient de ce que l'on exporte.. et pour les charges, la France, elle connaît!!! Exemple: la moyenne européenne du nombre d'emplois "protégés" est de 14% de la population active, dans les pays les plus dynamiques, elle est de 10% environ; En France, nous en sommes à plus de 24%.. et pourtant, je n'ai pas le sentiment que notre pays est mieux administré que les pays voisins. Traduit en chiffres concrets, la surcharge transmise aux entreprises est équivalent à 10% du nombre d'employés...l'entreprise qui en a 100 dans ses ateliers en a 10 autres à la préfecture, à la Communauté de commune où ailleurs.. cette surcharge de nos prix de revient représente 1% de notre chiffre d'affaire et autant que le résultat financier des entreprises en agro-alimentaire par exemple. Ce différentiel de 1% nous amène à perdre les marchés export puis à ne pouvoir résister aux importations. Je parle de 1% mais il faut savoir qu'il en existe 3% de plus que les attitudes françaises nous génèrent...4% de différence avec nos concurrents allemands, c'est plus que l'on ne peut que supporter...L'Allemegne va nous exporter une part de sa propre récession.
Réflexions
Innovons, innovons et innovons encore. Que ce soit au niveau des prduits, de la commercialisation de l'export et des gens. Toujours par l'exemple : sur les gens, une partie du développemt des entreprises passent par la mise en place de réseau. Ca se fait souvent pour les ptites boites par ce qu'appelle les quebecois le réseautage. Un des premiers lieux de réseautage sont les clubs de création d'entreprises, comme en France. Par contre la grosse différences tient dans la forme du réseautage. En France ca commence toujours par un meeting. On fait un réunion, on organise une présentation... et après on résaute. Au Québec, pas de réunion, quand on réseaute ,on résaute. POINT. Ca rejointun peu ce que vous disiez, tout est formel en France.
Beau constat, passons au concret :
Bonjour, Constat évidemment sans appel. Il faut commencer par redonner de la fierté aux bretons, comme Obama le projette pour les americains. Le moyen le plus evident, le plus porteur à court et long terme est de rattacher finalement le 44 à la Bretagne. Ce serait un declencheur formidable pour notre région. Ensuite, une fois l'unité retrouvée, tout sera plus facile. La Bretagne retrouvera un rang et une puissance digne de son hitoire et pourra envisager sereinement d'afficher ses choix et ses ambitions.
Faire disparaitre la RDA etait plus complexe, mais cela a été fait. Alors, quand est ce qu'on commence à se regarder en face?
"Est Breton qui le souhaite et le mérite"
Bien sur qu'il faut vouloir redonner à la Bretagne, sa dimension historique, et il est bien que des gens se mobilisent pour ça. Dans le même temps, il faut reconnaitre que la maille départementale et son regroupement en régions est un découpage qui a été choisi par l'Etat pour administrer le pays...une mission qui lui est confiée par la Nation. Je n'ai pas une adoration telle pour l'Etat, et je considère que c'est son organisation qui détermine les valeurs et limites d'un territoire, fut-il breton. La Bretagne se situe ailleurs, autrement, "elle n'a pas de papiers". Pour aller au bout de cette idée, au lieu de parler de la Bretagne "historique" c'est-à-dire à 5 départements et même un peu plus ici où là, j'aurais préférence pour que, quand on parle de la Bretagne, cela s'entende dans sa dimension culturelle, celle de ses valeurs et que s'agissant de l'autre, celle à 4 départements, nous disions "la Bretagne Administrée". Je crois à la force des mots, c'est l'administration qui a raccornie la Bretagne alors disons le ainsi. Dans le monde nouveau, un grand nombre de Bretons seront sur le Web, prenons en compte cette dimension: "Est Breton qui le souhaite et le mérite"
Les 8 défis
La présentation d'Alain Glon sur les 8 défis est consultable sur ABP-TV
http://www.abp-tv.com/index.php?video_id=179
Philippe
Le défi N° 4
Je répond au quatrième défi "préparer le rebond". La question posée est : Comment préserver la braise de l'appétit du futur ?" Je vois trois axes principaux : - Etre breton doit être attractif. C'est la question de l'identité. L'évolution de cette identité se manifeste par l'évolution des autocollants. Les anciens collent sur leurs voitures un BZH, se soucient du rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne, donnent à la langue bretonne une valeur fondamentale, ont une culture politique. Ils sont sérieux, préoccupés et responsables. Aujourd'hui, l'autocollant de la petite bigoudène de "A l'aise Breizh" affirme une nouvelle identité bretonne, moins politique mais plus jubilatoire, et finalement beaucoup plus populaire. A nous d'en tenir compte, d'accompagner le phénomène, et de le favoriser. - Proposer une vision du "vivre ensemble". Là encore, il faut s'appuyer sur les nouvelles tendances. De nombreuses études, depuis MacLuhan jusqu'aux prévisions sociologiques liées au web2.0 et au web3.0 montrent que la galaxie Gutenberg, qui a vu émerger la démocratie, l'Etat-nation et la production industrielle de masse va s'effacer progressivement devant le village global où les communications, les cultures et les consommations vont s'individualiser. L'appartenance à la Bretagne ne va plus être l'appartenance à une nation ou à une région, mais à une tribu. Cette tribu a déjà des mythes et des symboles (le gwen-ha-du par exemple), mais elle en recherche d'autres (T-shirts "ethniques", marques "tribales", boissons locales, ...). A nous de lier ces nouvelles tendances au développement économique de la Bretagne, et d'étendre la tribu au monde. - Lier l’appartenance bretonne et le sommet de la pyramide de Maslow, l'accomplissement de soi. L'accomplissement de soi, comme le pouvoir, passe par la production. La révolution industrielle a privilégié la production matérielle, celle des marchandises. La révolution numérique privilégie la production immatérielle, celle des idées, des connaissances, des projets (de la finance aussi, qui est devenue immatérielle). A nous de favoriser cette production en Bretagne, et au sein des tribus bretonnes de par le monde.
Préserver la"braise", préparer le rebond. Donnons un fil conducteur...
La Bretagne doit être attractive, elle le sera si elle a un Projet et des Valeurs. Pour cela, ceux qui impulsent la Bretagne doivent avoir eux-mêmes une VISION.
Nous ne pouvons imaginer que c'est de Paris que va venir cette vision, elle doit être la nôtre, ce n'est rien retirer à Paris que de le dire et de le faire. Les autocollants dont tu parles viennent combler des vides, des vides d'appartenance. Il est remarquable que ces autocollants portent une espérance à la dimension de la Région, à la dimension d'une cause. C'est cette "braise" qui me semble importante pour partager notre histoire. Il nous faut donner à toutes ces braises, une ambition partagée pour la Bretagne et de proche en proche, rallumer une flamme. En tous cas, au plan du rebond que nous aurons à connaître un jour, je crois davantage à ces braises qu'à un feu sacré qui pourrait nous venir de Paris.
Les Bretons furent fédérés par leur coutumes...voir leurs costumes...et puis ils l'ont été par la conscription...ensuite il y eût l'éducation et la compétition entre les enseignements ; la production agricole, la pêche furent fortement porteuses de mutualisation, une réponse à la "grande saignée". Dans la transformation des produits alimentaires, les Bretons se sont reconnus paysans ou ouvriers, participant à une chaîne de valeurs.
Plus tard sont venues les usines tournevis, et au lieu de croire en nous-mêmes, nous avons cru que les autres, que Paris nous apporterait définitivement des richesses. Aujourd'hui, c'est le reflux, le reflux pour les usines, pas pour les "appareils" qui les avaient accompagnés. Les difficultés que transmet la France à son industrie m'amène à penser que le secteur de la production ne sera plus fédérateur des Bretons. Les appareils importés, outils de contraintes et de répartition qui neutralisent tant d'intelligences ne seront pas davantage fédérateur des forces vives de la Bretagne. Le monde associatif peut l'être, occuper ce vide, parce que plus insaisissable, et déjà fédérateur autour de multiples projets. Ce monde qui mobilise déjà autant les esprits que les moyens est une bonne école. Cela n'ira pas de soi, il faudra y être attentif...les pratiques amateurs portent témoignage de l'arrivée d'une grosse patte sur un monde fragile.
Oui, il nous faut réfléchir au rebond, c'est-à-dire à la capacité d'une communauté à fédérer toutes ses composantes pour un projet partagé. Quelles sont les voies ouvertes : le tourisme pensé à la dimension de la Région "que ma Bretagne est Belle..., la "vente" à d'autre régions du monde d'un modèle d'organisation du territoire dont les valeurs historiques ont résisté à un des centralismes les plus excessifs du monde, la Web économie pour continuer de vivre au pays tout en travaillant ailleurs, la joie de vivre, la fierté de son pays, denrées rares dont pourrait être porteur le monde associatif dans sa diversité. Etc.
Chaque époque, chaque génération a ses mythes et symboles comme tu le dis. Je suggère que nous les identifions, que nous mettions en exergue, ceux du passé, ceux du présent et ceux du futur, depuis le Gwenn Ha Du jusqu'au BZH.com. Je suggère que nous fassions en sorte que ce qui à l'extérieur est vu comme des signes distinctifs de marginaux, devienne pour nous des liens entre les générations, à l'image des plaques automobiles dans les pays qui ont conservé appartenance. Les cigales vont moins chanter, soyons fourmis.
BREIZH 2004 est un Mouvement Fédéraliste Breton et Européen, dont j'ai l'honneur d'être le président. Je rappelle que notre objectif final (ce qui ne signifie pas lointain) est de réveiller l’électorat breton, afin que lors de prochaines élections, des candidats franchement et profondément fédéralistes se présentent avec quelque chance de recueillir un nombre significatif de voix.
Pour Breizh 2004
Le président
Claude Guillemain
44, rue Léon Durocher
breizh.2004@gmail.com
http://www.breizh-2004.org Fondé en 2004, BREIZH 2004 a pour mission de soutenir et de diffuser des recherches et des textes d’opinion sur des sujets touchant le développement de la Bretagne en Europe. Lieu d’échanges, de concertation et de débats entre les groupes et les individus qui réfléchissent et agissent pour bâtir la Bretagne, BREIZH 2004 se situe au carrefour de l’observation et de l’action. Il a pour but de susciter la réflexion sur les enjeux d’actualité qui concernent la Bretagne et l’Europe. BREIZH 2004 défend le concept de fédéralisme intégral, de fédéralisme fiscal et de localisme dans le cadre des institutions et dans le cadre de la société.