Entretien avec Philippe Ricard
Bonjour Philippe, pouvez vous nous présenter votre parcours ?
Bien que mon patronyme évoque plutôt le sud de la France, je suis Breton par ma mère (Kernevez). J'ai toujours eu un lien très intense avec la Bretagne et encore plus depuis que j'ai ouvert en juillet 2007 la première crêperie de Shanghai.
Sinon, je suis arrivé en Chine il y a 4 ans pour monter la filiale d'une entreprise normande d'optique lunetterie. Ce fût une expérience très riche de monter la société de A à Z. La première année j'ai rapidement compris que le partenaire Chinois, qui pouvait sembler intéressant de loin, n'était pas un bon choix. Les ventes ne décollaient pas et nous risquions de donner simplement toute notre technologie. Après une année très difficile nous avons trouvé un autre distributeur avec qui tout s'est très bien passé. Si bien que nous l'avons finalement racheté. A partir de ce moment, ma présence en Chine n'avait plus vraiment lieu d'être et on me proposait de rentrer en France. Toutefois, plusieurs raisons m’ont poussé à rester en Chine. La CCI du Havre avec laquelle j’avais conservé de bons contacts avait l'habitude d'envoyer à ma rencontre des entrepreneurs Normands qui se déplaçaient à l'occasion des salons. C'était une bonne opportunité pour détecter des projets. Les échanges étaient riches et intéressants. Je serais d'ailleurs ravi de faire de même pour des Bretons.
| J'ai donc étudié différents projets: l'ouverture d'une épicerie, les énergies renouvelables, la restauration... C'est à cette période que j'ai eu l'occasion de rencontrer Christine Le Tennier, qui était intéressée par le projet d'épicerie. C'est d'ailleurs elle qui m'a mis en relation avec l'Institut de Locarn. | |
Après une étude assez poussée et quelques péripéties, (car il est très différent d'ouvrir une filiale industrielle et un restaurant), j'ai réunis deux associés (un Breton et un Chinois) avec qui nous avons ouvert La Crêperie de Shanghai. Ici le processus d'enregistrement peut être très long et il faut être patient avant d'obtenir les licences d'hygiène, d'environnement, de vente d'alcool… Maintenant, nous employons 12 personnes entre la cuisine, le service, le bar pour une ouverture continue 7j/7.
On peut dire que les Bretons d'ici m'attendaient de pied ferme ! J'ai fait venir un maître crêpier qui est resté plus de 6 mois pour former les cuisiniers. Nous avons donc développé de très bons produits, ce qui nous permet d’avoir de nombreux clients très fidèles. Aussi, depuis quelques semaines nous proposons des nouveaux produits tels que le Kouign Amann ou le Far Breton!
Vos projets à court et moyens termes ?
Le restaurant tourne bien mais nous continuons le développement. Pour les prochains mois, je souhaite ouvrir un 'corner', une épicerie fine bretonne. C'était mon premier projet que j'avais mis en stand by, mais maintenant que le restaurant marche bien nous pouvons nous diversifier. L'idée est d'importer plus de produits finis. Nous en importons déjà certains pour garantir la qualité de nos produits. J'avais déjà établit des contacts avec différents producteurs en Bretagne. Par exemple, avant l'ouverture j'ai contacté Hervé et Mauganne Seznec qui produisent le cidre Kinkiz. Nous le proposons déjà en vente sur table et à emporter.
Sur le même modèle nous souhaitons progressivement élargir la gamme de produits. Il faut simplement débuter par des tests sur place en petite quantité et augmenter selon les retours des consommateurs. Une partie de la population des expatriés connaît déjà nos produits, mais pour vendre aux Chinois il faut proposer les produits en dégustation, accompagner et organiser des événements promotionnels. (La semaine française au mois d'octobre par exemple).
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Par ailleurs, nous avons monté récemment l'association Ker Shanghai qui réunit les Bretons et amis de la Bretagne ici à Shanghai. Nous avons organisé une première réunion dans le restaurant et je suis vice président de celle-ci. | |
Quels produits Bretons en particulier vous semblent les plus prometteurs ?
| Les gâteaux et les produits de la mer. Le potentiel est fort si les prix sont adaptés au marché local… car les chinois raffolent de ce qui vient de la mer. D’autres produits peuvent aussi rencontrer un certain potentiel de vente. Les tests sont impératifs. Si des entreprises bretonnes sont intéressées par le marché chinois, et vraiment motivées, je suis prêt à apporter des réponses et étudier les possibilités d’importation. |
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L'activité de restaurateur fait que l'on rencontre beaucoup de personnes d'horizons très différents. Toute l'équipe crée une atmosphère conviviale avec les clients, du coup la relation et l'échange est beaucoup plus facile. A l'ouverture, nous avions beaucoup d'expatriés, mais progressivement les chinois qui les accompagnaient reviennent. La clientèle féminine en particulier est très curieuse de découvrir de nouveaux produits.
Que recherchez vous dans ce type de réseau ?
Mon intérêt pour le réseau Diaspora Economique Bretonne est la possibilité de trouver des entreprises bretonnes prêtes à me suivre dans cette aventure. Le restaurant est une première étape, un levier qui doit nous permettre de promouvoir ici la qualité des produits bretons et l’image de la Bretagne. Nous avons de la place dans le restaurant pour installer un point de vente et coté environnement nous sommes situé en plein centre ville de Shanghai, dans le quartier de l'ancienne concession française. C'est un quartier très dynamique qui accueille beaucoup de jeunes couples et de célibataires en semaine. Le week-end ce sont plutôt les familles et les promeneurs que l'on croise.
- Merci Philippe
Quelques photos & articles de la crêperie glanées sur le web :
le site officiel : http://lacreperieshanghai.spaces.live.com
- SmartShanghai
- Annonce de l'ouverture sur BonjourChine
- Est ce qu'on la voit sur la carte en 3D d'edushi ?
les coordonnées de Philippe :

