Le rôle des institutions dans l'animation de la diaspora chinoise (part 2)
Le cas de la République Populaire de Chine
Comment les professionnels Chinois expatriés participent au développement économique de leur pays sans y revenir ?
La République Populaire de Chine (RPC) gère cinq agences nationales d'échange avec les Professionnels Chinois d'Outremer (OCP). Ces agences sont financées pour supporter les activités d'échange d'informations et de savoirs. La politique menée en Chine vise les migrants diplômés, en possession d'une expérience spécialisée et/ou d'un capital social.
Depuis la fin des années 90, la RPC a abandonné toute sanction contre les étudiants qui n'auraient pas respecté les engagements de retour au pays à la fin de leur études. Il ne s'agit plus, pour la RPC de faire entrer au pays des connaissances et des savoirs acquis à l'étranger par des étudiants mais de développer le “dumbbell model”. C'est à dire, faire en sorte que les professionnels vivant à l'étranger conservent des liens forts avec la Chine.
Le gouvernement et les institutions encouragent particulièrement les échanges :
de savoir faire technologique pour l'industrie et la recherche
d'expériences de management en droit et en finance
d'information sur les théories et méthodologies de recherche
d'expériences politiques
L'échange de connaissance est le
processus par lequel l'expertise (ou l'information) est transmise à
des instituts ou des personnes qui ne les possédait pas. Les
universités, les instituts de recherche, les entreprises de
hautes technologies ainsi que les parcs industriels, mais aussi les
organisations gouvernementales sont particulièrement
intéressées par ce type d'échanges.
Comme l'ont montré entre autres, les travaux de Nonaka et Takeuchi, l'échange de connaissance est avant tout un processus social. C'est dans ce sens que la diaspora, en conservant des attaches sociales peut générer ce type de transfert.
Le gouvernement Chinois à
rapidement mis en place différentes mesures afin de connecter
des réseaux formels et informels, des particuliers et des institutions.
Construire des ponts de connaissances
La majorités des Chinois
résidant à l'étranger sont des étudiants
ou d'anciens étudiants ayant terminés leurs études
à l'étranger. Depuis la fin des années 90, la
pensée transnationnale s'est répandue. A l'ère
de la globalisation, les liens internationaux sont plus important
qu'un stock de capital humain dans un espace donnée. Un
professionnel, peut contribuer plus à son pays d'origine tout
en restant à l'étranger.
Pour construire ces passerelles de
savoir, le gouvernement souhaite offrir aux Chinois d'Outremer
un statut social
des retours économiques potentiels
des perspectives de carrières
Incitation au retour
Le gouvernement national a
simplifié les contrôles aux frontières pour les
ressortissants Chinois à l'aide de cartes d'identités
spéciales. D'une manière générale les représentants officiels du gouvernement sont très attentif aux
contributions de la diaspora.
Les municipalités et les gouvernements locaux mettent eux aussi en place des mesures incitatives, comme des bourses, ou la prise en charge des frais d'installation pour les étudiants qui reviendraient au pays débuter une activité professionnelle.
Il est intéressant de faire remarquer que 40 % de Chinois n'ayant jamais travaillé ou étudié à l'étranger regardent d'un oeil favorable les avantages offerts aux OCP.
D'autres formes d'investissements, comme les parcs industriels, proposent aux étudiants de revenir en Chine pour y développer une start-up. Ces parcs fournissent d'excelentes conditions de travail. Les meilleurs projets sont récompensés par un prix.
Les échanges et rencontres concrets
Pour favoriser les actions plus concrètes différents organismes proposent des financements pour des échanges académiques de courte durée. Ceux-ci ont pour mission de favoriser l'échange de connaissances et le transfert de technologies entre établissements. Pour cela les universités, par exemple invitent des chercheurs chinois d'outremer au sein de leurs laboratoires pendant plusieurs mois. De même des primes sont accordées aux laboratoires établissant des projets collaboratifs avec des instituts de recherche étrangers.
Les établissements de recherches proposent aux OCP, dans leur domaines stratégiques, des postes de professeurs d'université pendant 3 à 5 ans dont l'objectif est notamment d'ouvrir les équipes de recherche au développement international.
Depuis la fin des années 90, le gouvernement soutient les visites officielles des membres de la diaspora chinoise. Des spécialistes sont invités à visiter des exploitations pour donner des conseils et établir des partenariats. Les OCP participent ainsi à des projets d'entreprises ou dans des instituts de recherche.
Une autre forme d'échange est illustré par le ministère des sciences et techniques qui permet aux entreprises ou aux institutions de publier leur difficultés et leur problèmes dans un journal qui est transmit aux différentes associations de professionnels Chinois à l'étranger.
Les associations de Chinois à l'étranger reçoivent régulièrement
des projets proposés par des acteurs locaux. Ces agences
recherchent parmis les ocp, les membres les mieux placés.
Le congrès des étudiants chinois d'outremer
Pendant la période de nöel, la province de Guangzhou invite toute personne ayant étudié ou travaillé à l'étranger à participer à un congrès pour rencontrer les acteurs du marché local. Ce congrès professionnel permet aux chinois d'outremer, de retour en Chine pendant leurs vacances d'établir un premier contact avec le marché local. Il existe une multitude d'événements de ce type.
La convention pour le développement des professionnels chinois d'outremer, vise à établir des joint-ventures ou des accords de partenariats entre les chinois d'outre mers, les entreprises et les universités.
Certaines conventions sont plus restrictives. Elles proposent aux Chinois d'outremers ( titulaire d'un master ou doctorat) d'établir une fiche de présentation personnelle qui est ensuite diffusée aux entreprises locales. Les OCP les plus demandés sont alors invités sur le salon.
La convention d'échange et de coopération pour les OCP dans l'innovation technologique et scientifique est axé autour d'une trentaine de secteur d'activité. Elle offre la possibilité à 600 entreprises chinoises et à 100 OCP de se rencontrer.