Entretien avec Fabien Talidec
- Bonjour Fabien, pouvez-vous nous présenter votre parcours ?
J'ai passé mon enfance à l'étranger, six mois en Inde, huit en Australie (échange universitaire pendant l'ESC) et cinq ans Turquie où j'ai obtenu mon Baccalauréat. Ensuite je suis rentré à Quimper pour passer un DUT en logistique puis j'ai rejoins l'Ecole Supérieure de Commerce de Brest. Résolument passionné par les relations internationales, je souhaitais obtenir une double compétence pour travailler dans le secteur des échanges commerciaux internationaux. J’aime découvrir les autres cultures, les autres valeurs cela m’aide à mieux comprendre les miennes. |
| Pour terminer l'ESC j'ai réalisé mon stage de fin d'études au
Koweit. Ce
fut une superbe expérience chez Chalhoub groupe
leader de la distribution de produits de luxe au Moyen Orient
(parfumerie, cosmétique, prêt a porter, accessoires, art
de la table…). |
La populations est très accueillantes. Pendant le stage j'ai développé mon propre poste au service logistique, ce qui a débouché sur un emploi. J'ai fait mes preuves pour devenir chef de marque puis directeur commercial et marketing. Pendant cinq ans se fut vraiment une superbe expérience.
Au Koweit, il y a une pénurie de main d'oeuvre qualifiée donc les postes
de management sont rapidement données à des juniors pourvu qu'ils fassent leurs preuves. Pour ma part, dès
le début on m'a confié une équipe de 10 personnes avec qui j'ai dû
construire une relation de confiance. Le relationnel, le charisme et la
crédibilité sont des aspects très importants pour la progression dans l'entreprise. On rencontre énormément de jeunes diplômés, dans des sociétés
françaises ou locales. je dirais que deux ou trois années
d'expériences là bas sont équivalent à six années en France.
- Vos domaines de compétences ?
Comme je le disais pendant cinq ans j'ai occupé différents postes, mes compétences sont principalement :
- Elaboration
de la stratégie Marketing, distribution
- Gestion d'un budget annuel de plusieurs millions d’euros de chiffre d’affaires,
- Etude de développement géographique,
- Négociation grands comptes,
- Mangement de force de vente, de chef de marques.
- Quels sont vos projets à court & moyen terme ?
Je suis revenu en juillet dernier à Brest et actuellement je recherche un poste de Responsable Export dans le secteur haut de gamme / luxe de préférence. Pour l'instant je cherche un poste en France mais l'expatriation reste un objectif. L'idéal pour moi serait une pause de 3-5 ans afin de connaître le tissu des entreprises en France pour créer ou diriger une filiale à l'étranger.
- Depuis combien de temps connaissez vous le réseau DEB, vos remarques sur l'initiative, le projet ?
Je connais le réseau DEB depuis 2 ans. Je suis très sensible à cette notion de réseau, surtout lorsque l’on vit à l’étranger. Il est important de rester en contact avec ses « racines » et se montrer solidaire.
L’initiative est très intéressante. J’aurais aimé, cependant, y voir présentés des projets réalisés par le biais du réseau.
- Que recherchez vous dans ce type de réseau ?
Nouer des relations afin de faire profiter mes expériences internationales et d’entrer en relation avec des personnes pouvant m’aider.
- Que pensez vous pouvoir apporter (expertise, relation, temps...)
Les
relations sont très importantes dans le commerce
international. Dautant plus au Koweit, qu’il est nécessaire d’avoir un
sponsor local (entreprise ou personne physique) pour s’implanter.
Une bonne connaissance de la région, de la culture et des
valeurs est gage de succès.
Ayant passé 6 ans au Koweït, je connais bien le tissu économique et les pratiques locales. Je peux donc apporter mon expertise et mettre en relation des contacts.
- Quels sont les domaines & acteurs clés dans votre zone géographique, secteur d'activités ?
Le domaine clé est le pétrole qui représente plus de 90% du PIB. Les produits haut de gamme et de luxe sont très prisés par les koweitiens qui sont très au fait des dernières modes et tendances.
La distribution de biens de consommations est majoritairement concentrée dans les malls (gigantesques galeries commerciales).
Les
koweitiens sont très sensibles aux services.
Le
tourisme est inexistant.
Les acteurs majeurs sont des grandes familles (5/6) qui distribuent localement et dans la région des produits d’importations. Le poids des distributeurs locaux est très important car il s’agit du seul moyen de commercialiser des produits étrangers.
- Le pays dans lequel vous vivez présente t-il des opportunités particulières pour des entreprises, des savoir faire bretons ?
Le Koweït
est un marché dépendant de l’offre internationale
en matière de biens de consommation puisque le pays ne produit
localement que du pétrole. Ce marché
est donc très à l’écoute de ce qui se fait
en Europe et aux Etats-Unis. Les modes et tendances américaines
et européennes arrivent rapidement dans le pays car les
koweitiens voyagent beaucoup et rapportent chez eux ce qu’ils
voient ailleurs. Les entrepreneurs sont
donc demandeurs de nouveaux concepts, de nouveaux produits. Les
phénomènes de modes sont très présents,
il s’agit donc de recycler en permanence l’offre. Les
produits/services exclusifs, en séries limités ou de
niches ont un fort potentiel. Pratiquement
tous les produits commercialisés au Koweït proviennent de
l’étranger. Les opportunités sont donc
nombreuses.
L’agriculture
locale est présente mais les produits importés ont un
meilleur rapport qualité/prix. L'approvisionnement en fruits et légumes se fait depuis les USA ou les Pays Bas. A titre d'exemple une barquette de fraise américaine se vend 6€. Sur le segment de qualité +, il y a vraiment possibilité pour les produits bretons de se positionner.
La réputation des produits français dans le domaine du luxe n’est plus à faire. Les produits bretons à base d’algues peuvent profiter de cette image pour répondre à une demande de bien-être des clients très sensibles a la qualité des produits et des services. La cosmétologie à partir des algues est en plein boom avec une forte activité à l'international mais je ne pense pas qu'il y ait une offre spécifique sufisante. Les mêmes produits standardisés sont vendus partout de la même façon alors que les études ne sont faites qu'en Europe. Dans ce secteur il est nécessaire d'adapter son offre à la culture, la peau, le climat ... Il y a donc un fort potentiel de développement lié au marketing.
- Comment des entrepreneurs Bretons intéressés par votre zone géographique/secteur d'activité peuvent ils s'y prendre pour s'y développer ?
Afin
qu’une PME bretonne s’implante au Koweït, elle doit
avant tout présenter une offre dissociée, innovante,
flexible à la culture locale et recyclable puis trouver un
partenaire volontaire et impliqué.
Cependant
le Koweït est un petit pays de 3 millions d’habitants
(moins d’1 million de nationaux) qui a l’un des PIB le plus élevé au monde. Une étude de
marché précise est très importante car un mauvais
positionnement de l’offre peut entraîner un échec. Les
missions économiques locales sont des acteurs incontournables.
Les français localement implantes peuvent aussi être
sources d’éléments intéressants.
- Quels sont les éléments, en Bretagne, qui pourraient attirer des investisseurs établis dans votre zone géographie/secteur d'activité ?
Les
investisseurs attendent une rentabilité rapide de leurs
investissements (quelques années). Les sommes peuvent être
importantes mais le retour sur investissement doit être
intéressant et rapide.
Au delà
de cela, les projets originaux et innovants peuvent attirer les
investisseurs qui sont a la recherche de notoriété.
- Merci Fabien.
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